Citoyenneté
Département
Haute-Savoie
Territoire
Grand Annecy, Fier et Usses
Pratique Interne ou à destination du public
- Initiatives à destination du public
Thématiques
- Solidarités de proximité
- Pouvoir d'Agir des habitants
- Démocratie, assemblée citoyenne
Description
Il était une fois un collectif d'habitantes plus connus sous le nom de "mardi rencontre", qui avait décidé d'aller plus loin dans cette dynamique de vie de groupe mais aussi de vaincre et faire tomber certaines barrières clivantes et quelque peu toxiques pour le groupe.
Cette histoire intitulé A la rencontre vous est contée par Clément VICTOR (metteur en scène et pédagogue) de la compagnie L'Alchimique. Il abordera, entre autre, avec vous comment il a procédé pour apprivoiser ce groupe constitué de 25 femmes de toutes origines, de tout âge, résidents majoritairement sur Seynod "hyper-centre".
Au-delà et pour le bien vivre et pérennité de ce groupe, il était important pour le Polyèdre et son pôle famille de mettre en place, un projet implicatif, engagement personnellement afin de faire action ensemble.
Nos objectifs généraux transmis à Clément VICTOR étaient les suivants :
1. Amener le public à participer à une activité nouvelle
2. Travailler sur un projet collectif
3. Construire ensemble, dans un contexte de vie de groupe parfois complexe
Voici l'histoire de ce projet:
A LA RENCONTRE
ateliers d’expression
et création scénique auprès des adhérents du Polyèdre
D’OU L’ON PART
Martine Gros a assisté à la présentation du travail que j’ai effectué avec des personnes en
ré-insertion sociale en partenariat avec le Pôle Insertion de la Ville D’Annecy - EPOPEE
INTIME - au printemps 2024 à la MJC Victor Hugo de Meythet.
Touchée par la synérgie collective et la qualité des partages poignants des participant.e.s,
elle m’a invité à imaginer un atelier auprès des publics adhérents participants aux “Mardi
rencontre”.
Après m’être entretenu avec Martine Gros et Julien Douliez, le directeur de la MJC, nous
avons proposé aux adhérents 10 séances de travail de 3h, le mardi après-midi de fin
septembre à début décembre. Avec l’objectif de faire une présentation publique en fin de
parcours.
Le but de ces ateliers serait d’inviter les participantes à sortir de leurs usages habituels et à
pouvoir ré-harmoniser un groupe dans lequel des clivages et tensions se font sentir.
DEROULE
1/ Rencontre et premières séances.
Dès le départ, j’ai pu sentir une forme de défiance de la part du groupe. J’ai très vite compris
qu’il me faudrait apprivoiser ces personnes avec douceur, en ne venant pas en conquérant,
ni avec brusquerie mais au contraire en me glissant dans leur quotidien avec écoute et
bienveillance.
J’optais pour la création de 2 groupes qui se succèderai dans le travail après un temps
d’échange collectif en début de séance. Cela me permet à la fois de mieux rencontrer
chacune (je parle au féminin car les participantes étaient toutes des femmes) et de respecter
leur envie de papoter librement autour d’un café avec leurs amies.
Dans un premier temps les personnes sont venues assister avec curiosité.
Nous avons travaillé sur des récits personnels à partir de 3 questions :
Qui je suis ?
Ce que j’aime c’est…
Ce que la vie m’a appris.
La parole s’est d’abord libérée en face en face, assises par 2.
J’ai pu introduire des règles d’écoute active : Pas de commentaires ni de jugement, Ecouter
et parler avec son coeur.
J’ai tout de suite eu des retours de contentement d’avoir pu ainsi s’exprimer et être
écoutées.
Progressivement j’ai introduit un échauffement corporel afin de libérer les tensions du corps
et se détendre, mais également de rentrer en contact avec les autres au-delà des mots par
l’élan et l’écoute des mouvements du corps.
Sur les séances 2 et 3 nous avons continué à progresser ainsi, comme beaucoup de joie
émanait du groupe, certaines qui n’étaient pas encore venues par défiance ont fini par venir
assister et le groupe des participantes s’est étoffé.
J’ai pu constater rapidement que je ne saurai trop attendre un travail qui serai effectué en
dehors des séances, les personnes étant prises par leur vie.
2/ Se découvrir, se révéler
Pour autant, pour les séances 3, 4, 5, j’ai commencé à leur demander de ramener des
matières personnelles : textes et chansons afin de partager des choses qui les touchent
avec les autres.
J’ai vité abandonné l’idée de proposer une thème restrictif car je sentais que cela n’était pas
porteur, au contraire j’ai essayé d’ouvrir plusieurs possibilités afin que chacune puisse saisir
ce qui serait le plus porteur pour elle.
Très rapidement un petit groupe moteur s’est dessiné, des personnes qui ont ramené des
chansons notamment et qui prenaient plaisir à raconter le contexte de vie qui gouverne leur
choix. Nous avons pu ainsi découvrir progressivement l’univers de chacune.
Parfois, c’était des prises de paroles plus libre, souvent des récits de vie très personnels,
parfois même des paroles ou des faits qui n’avaient été que très peu confié à leur
entourage, et je pouvais sentir le bien que pouvait faire cette parole qui se libérait pour la
personne mais également pour les spectatrices.
En effet, tout travail théâtral est une sorte de catharsis collective, découvrir ainsi les
vulnérabilités assumées des unes et des autres, créait de l’empathie tout autant qu’un
sentiment de solidarité face aux épreuves que la vie nous propose.
Pendant tout ce temps, j’ai progressivement proposé d’aggrandir le cadre de jeu, afin que
cela reste inscrit dans une intention scénique : d’assis face à face, nous sommes passés
assis en cercle, puis debout face aux autres, enfin nous sommes alllés travailler dans le petit
théâtre et finalement, vers la fin (séances 7, 8, 9), elles sont allées en scène, dans la
lumière, oser porter leur propre parole.
3/ Epouser le Vivant.
Concernant la construction finale, il m’est vite apparu qu’il serait difficile de procéder à une
construction classique (définir un ordre de séquences et s’y tenir). En effet, le groupe était
en évolution permanente et beaucoup de personnes ne tenaient pas à refaire les mêmes
choses d’une séance sur l’autre.
Plutôt que de me braquer, je choisissais d’épouser ce flot mouvant et au fond de répéter la
seule chose qui soit possible : la capacité de se présenter face au monde (le groupe) et de
partager une parole personnelle qui puisse illlustrer les valeurs de la personne.
En effet, un des mes objectifs était de redonner un sentiment de valeur personnelle à des
personnes dont la vie pouvait parfois avoir été chaotique et cruelle.
J’ai pu constater que certains partages très personnels déclenchaient des rebonds très
riches et induisaient une thématique du jour qui se révélait à chaque fois selon les besoins
les plus brûlants de partage (liés à l’actualité des personnes).
Nous avons ainsi pu aborder des thèmes comme les récits d'enfance et les difficultées
rencontrées dans la jeunesse, la question du mariage et du couple, le thème de la finitude et
de l’angoisse de la mort.
Pour autant, ces thèmes se sont entremelés avec des danses, des blagues, des chansons à
cappella désarmantes de grâce fragile. Chaque séance devenant une sorte de cabaret
intime et émouvant.
J’avais rassemblé les participantes en un seul groupe à partir de la séance 6, lorsque la
confiance était établie et la capacité à se dévoiler s’était renforcée.
J’ai eu le grand plaisir de voir quasiment toutes les personnes venir à l’atelier, soit plus d’une
vingtaine.
Le rendez-vous est devenu un moment précieux de partage, j’ai continué à épouser la vie du
groupe notamment avec la journée d’anniversaire, où nous avons pu nous rappeler à quel
point ces moments de partage et de célébration étaient des cadeaux que l’on s’offrait les
uns aux autres.
A un certain moment, j'ai également pu montrer l’engagement du Polyedre, sa direction et
son personnel auprès du groupe, que ce soit par l’attention soutenue et bienveillante mais
aussi par les moyens mis à disposition, comme cet atelier par exemple.
POUR FINIR
Pour finir, nous avons pu ouvrir notre Cabaret Intime le 10/12/2024 à diverses personnes du Polyedre.
Les participants ont pu lever le voile sur nos voyages en partageant sur scène et dans la
lumière chansons, poèmes, récits de vies, danse, oser se montrer, parler, prendre un instant
la lumière.
C’était rayonnant de joie, d’écoute et l’on peut dire que le groupe s’est découvert dans de
multiples dimensions.
il y a eu un effet à la fois personnel d’autorisation à être soi et se dévoiler, très libérateur et
joyeux. Et un effet collectif, de découverte et d’écoute de l’autre, en laissant de côté ses
préjugés. De quoi redistribuer un peu les cartes énergétiques à l'intérieur de ce groupe en
allant, véritablement A LA RENCONTRE…
Pour ma part, cela a été un grand plaisir de rencontrer et accompagner ces personnes.
Le Mot de la Fin
C'était donc l'histoire de ce groupe qui a su se réinventer pour faire face ensemble et accepter la difference comme force collective. Une iniative percutante a requestionné, bousculé y compris au sein de l'équipe marquée par des changements de postures, de regards, d'avis, .... Une ouverture clairement plus explicite aux autres et à la vie en collectivité.
Cette histoire intitulé A la rencontre vous est contée par Clément VICTOR (metteur en scène et pédagogue) de la compagnie L'Alchimique. Il abordera, entre autre, avec vous comment il a procédé pour apprivoiser ce groupe constitué de 25 femmes de toutes origines, de tout âge, résidents majoritairement sur Seynod "hyper-centre".
Au-delà et pour le bien vivre et pérennité de ce groupe, il était important pour le Polyèdre et son pôle famille de mettre en place, un projet implicatif, engagement personnellement afin de faire action ensemble.
Nos objectifs généraux transmis à Clément VICTOR étaient les suivants :
1. Amener le public à participer à une activité nouvelle
2. Travailler sur un projet collectif
3. Construire ensemble, dans un contexte de vie de groupe parfois complexe
Voici l'histoire de ce projet:
A LA RENCONTRE
ateliers d’expression
et création scénique auprès des adhérents du Polyèdre
D’OU L’ON PART
Martine Gros a assisté à la présentation du travail que j’ai effectué avec des personnes en
ré-insertion sociale en partenariat avec le Pôle Insertion de la Ville D’Annecy - EPOPEE
INTIME - au printemps 2024 à la MJC Victor Hugo de Meythet.
Touchée par la synérgie collective et la qualité des partages poignants des participant.e.s,
elle m’a invité à imaginer un atelier auprès des publics adhérents participants aux “Mardi
rencontre”.
Après m’être entretenu avec Martine Gros et Julien Douliez, le directeur de la MJC, nous
avons proposé aux adhérents 10 séances de travail de 3h, le mardi après-midi de fin
septembre à début décembre. Avec l’objectif de faire une présentation publique en fin de
parcours.
Le but de ces ateliers serait d’inviter les participantes à sortir de leurs usages habituels et à
pouvoir ré-harmoniser un groupe dans lequel des clivages et tensions se font sentir.
DEROULE
1/ Rencontre et premières séances.
Dès le départ, j’ai pu sentir une forme de défiance de la part du groupe. J’ai très vite compris
qu’il me faudrait apprivoiser ces personnes avec douceur, en ne venant pas en conquérant,
ni avec brusquerie mais au contraire en me glissant dans leur quotidien avec écoute et
bienveillance.
J’optais pour la création de 2 groupes qui se succèderai dans le travail après un temps
d’échange collectif en début de séance. Cela me permet à la fois de mieux rencontrer
chacune (je parle au féminin car les participantes étaient toutes des femmes) et de respecter
leur envie de papoter librement autour d’un café avec leurs amies.
Dans un premier temps les personnes sont venues assister avec curiosité.
Nous avons travaillé sur des récits personnels à partir de 3 questions :
Qui je suis ?
Ce que j’aime c’est…
Ce que la vie m’a appris.
La parole s’est d’abord libérée en face en face, assises par 2.
J’ai pu introduire des règles d’écoute active : Pas de commentaires ni de jugement, Ecouter
et parler avec son coeur.
J’ai tout de suite eu des retours de contentement d’avoir pu ainsi s’exprimer et être
écoutées.
Progressivement j’ai introduit un échauffement corporel afin de libérer les tensions du corps
et se détendre, mais également de rentrer en contact avec les autres au-delà des mots par
l’élan et l’écoute des mouvements du corps.
Sur les séances 2 et 3 nous avons continué à progresser ainsi, comme beaucoup de joie
émanait du groupe, certaines qui n’étaient pas encore venues par défiance ont fini par venir
assister et le groupe des participantes s’est étoffé.
J’ai pu constater rapidement que je ne saurai trop attendre un travail qui serai effectué en
dehors des séances, les personnes étant prises par leur vie.
2/ Se découvrir, se révéler
Pour autant, pour les séances 3, 4, 5, j’ai commencé à leur demander de ramener des
matières personnelles : textes et chansons afin de partager des choses qui les touchent
avec les autres.
J’ai vité abandonné l’idée de proposer une thème restrictif car je sentais que cela n’était pas
porteur, au contraire j’ai essayé d’ouvrir plusieurs possibilités afin que chacune puisse saisir
ce qui serait le plus porteur pour elle.
Très rapidement un petit groupe moteur s’est dessiné, des personnes qui ont ramené des
chansons notamment et qui prenaient plaisir à raconter le contexte de vie qui gouverne leur
choix. Nous avons pu ainsi découvrir progressivement l’univers de chacune.
Parfois, c’était des prises de paroles plus libre, souvent des récits de vie très personnels,
parfois même des paroles ou des faits qui n’avaient été que très peu confié à leur
entourage, et je pouvais sentir le bien que pouvait faire cette parole qui se libérait pour la
personne mais également pour les spectatrices.
En effet, tout travail théâtral est une sorte de catharsis collective, découvrir ainsi les
vulnérabilités assumées des unes et des autres, créait de l’empathie tout autant qu’un
sentiment de solidarité face aux épreuves que la vie nous propose.
Pendant tout ce temps, j’ai progressivement proposé d’aggrandir le cadre de jeu, afin que
cela reste inscrit dans une intention scénique : d’assis face à face, nous sommes passés
assis en cercle, puis debout face aux autres, enfin nous sommes alllés travailler dans le petit
théâtre et finalement, vers la fin (séances 7, 8, 9), elles sont allées en scène, dans la
lumière, oser porter leur propre parole.
3/ Epouser le Vivant.
Concernant la construction finale, il m’est vite apparu qu’il serait difficile de procéder à une
construction classique (définir un ordre de séquences et s’y tenir). En effet, le groupe était
en évolution permanente et beaucoup de personnes ne tenaient pas à refaire les mêmes
choses d’une séance sur l’autre.
Plutôt que de me braquer, je choisissais d’épouser ce flot mouvant et au fond de répéter la
seule chose qui soit possible : la capacité de se présenter face au monde (le groupe) et de
partager une parole personnelle qui puisse illlustrer les valeurs de la personne.
En effet, un des mes objectifs était de redonner un sentiment de valeur personnelle à des
personnes dont la vie pouvait parfois avoir été chaotique et cruelle.
J’ai pu constater que certains partages très personnels déclenchaient des rebonds très
riches et induisaient une thématique du jour qui se révélait à chaque fois selon les besoins
les plus brûlants de partage (liés à l’actualité des personnes).
Nous avons ainsi pu aborder des thèmes comme les récits d'enfance et les difficultées
rencontrées dans la jeunesse, la question du mariage et du couple, le thème de la finitude et
de l’angoisse de la mort.
Pour autant, ces thèmes se sont entremelés avec des danses, des blagues, des chansons à
cappella désarmantes de grâce fragile. Chaque séance devenant une sorte de cabaret
intime et émouvant.
J’avais rassemblé les participantes en un seul groupe à partir de la séance 6, lorsque la
confiance était établie et la capacité à se dévoiler s’était renforcée.
J’ai eu le grand plaisir de voir quasiment toutes les personnes venir à l’atelier, soit plus d’une
vingtaine.
Le rendez-vous est devenu un moment précieux de partage, j’ai continué à épouser la vie du
groupe notamment avec la journée d’anniversaire, où nous avons pu nous rappeler à quel
point ces moments de partage et de célébration étaient des cadeaux que l’on s’offrait les
uns aux autres.
A un certain moment, j'ai également pu montrer l’engagement du Polyedre, sa direction et
son personnel auprès du groupe, que ce soit par l’attention soutenue et bienveillante mais
aussi par les moyens mis à disposition, comme cet atelier par exemple.
POUR FINIR
Pour finir, nous avons pu ouvrir notre Cabaret Intime le 10/12/2024 à diverses personnes du Polyedre.
Les participants ont pu lever le voile sur nos voyages en partageant sur scène et dans la
lumière chansons, poèmes, récits de vies, danse, oser se montrer, parler, prendre un instant
la lumière.
C’était rayonnant de joie, d’écoute et l’on peut dire que le groupe s’est découvert dans de
multiples dimensions.
il y a eu un effet à la fois personnel d’autorisation à être soi et se dévoiler, très libérateur et
joyeux. Et un effet collectif, de découverte et d’écoute de l’autre, en laissant de côté ses
préjugés. De quoi redistribuer un peu les cartes énergétiques à l'intérieur de ce groupe en
allant, véritablement A LA RENCONTRE…
- FIN
Pour ma part, cela a été un grand plaisir de rencontrer et accompagner ces personnes.
Le Mot de la Fin
C'était donc l'histoire de ce groupe qui a su se réinventer pour faire face ensemble et accepter la difference comme force collective. Une iniative percutante a requestionné, bousculé y compris au sein de l'équipe marquée par des changements de postures, de regards, d'avis, .... Une ouverture clairement plus explicite aux autres et à la vie en collectivité.
Adresse
4 Impasse Saint-Jean 74600 Annecy
